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Réglementation AFIR12 mai 2026·7 min de lecture

Mise en œuvre de l'AFIR 2026 : L'élargissement des écarts de transposition déclenche les premières procédures de pénalités transfrontalières

Alors que la mise en œuvre de l'AFIR s'intensifie, des divergences importantes dans la transposition par les États membres créent des difficultés de conformité pour les CPO. Plusieurs pays sont désormais confrontés à des procédures d'infraction tandis que les opérateurs sont aux prises avec des interprétations nationales conflictuelles.

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Le règlement de l'UE sur les infrastructures pour carburants alternatifs (AFIR) est entré dans sa phase la plus critique alors que les mécanismes d'application prennent pleinement effet dans les États membres. Bien que le règlement s'applique officiellement depuis avril 2025, 2026 marque l'année où le non-respect entraîne de réelles conséquences financières et opérationnelles. Notre analyse du paysage actuel révèle une divergence troublante dans les approches de mise en œuvre qui impacte directement les stratégies transfrontalières des opérateurs de réseaux de recharge.

Progrès de la transposition : Une Europe à trois vitesses émerge

La transposition de l'AFIR par les États membres a suivi des calendriers nettement différents, créant ce que les observateurs de l'industrie appellent désormais une 'Europe à trois vitesses'. L'Allemagne, la France et les pays du Benelux ont achevé la transposition complète avant l'échéance du quatrième trimestre 2025, avec des normes techniques nationales détaillées publiées. Les États d'Europe du Sud, dont l'Italie, l'Espagne et le Portugal, ont demandé et obtenu des prolongations de six mois, repoussant leurs dates limites de pleine conformité à mi-2026. Plus préoccupant encore, plusieurs membres d'Europe de l'Est sont confrontés à des procédures d'infraction après avoir omis de soumettre des plans de transposition adéquats, la Roumanie, la Bulgarie et la Hongrie ayant reçu des avis formels de la Commission en mars 2026.

Premières actions d'exécution et structures de pénalités

La Commission européenne a engagé ses premières procédures d'infraction transfrontalières contre trois États membres pour mise en œuvre inadéquate de l'AFIR. Ces procédures se concentrent particulièrement sur l'incapacité à établir des systèmes obligatoires de surveillance et de reporting pour les métriques de disponibilité de recharge. Parallèlement, au niveau national, les cadres de pénalité varient considérablement : l'Allemagne impose des amendes allant jusqu'à 50 000 € par point de recharge non conforme, tandis que la France utilise un système progressif basé sur un pourcentage du chiffre d'affaires. Plusieurs CPO opérant à travers les frontières ont déjà reçu des avis de conformité conflictuels, en particulier concernant l'exigence de fiabilité de 99 % pour les stations du corridor RTE-T.

Divergence d'interprétation technique : Le défi OCPP

L'aspect opérationnellement le plus difficile émergeant de la mise en œuvre de l'AFIR est peut-être la variance d'interprétation technique entre les États membres. Alors que l'AFIR mandate les normes ISO 15118-2 et OCPP 2.0.1 comme standards minimaux, les autorités nationales ont mis en place des exigences de certification différentes. L'Italie exige des certifications de cybersécurité supplémentaires au-delà de la base OCPP 2.0.1, tandis que l'Autriche mandate des protocoles d'intégration spécifiques pour terminaux de paiement qui entrent en conflit avec l'approche de l'Allemagne voisine. Cela crée une complexité significative pour les CPO cherchant une expertise CSMS et OCPP standardisée à travers leurs réseaux européens.

Charge de reporting des données : Multiplication des plateformes des États membres

L'article 8 de l'AFIR exige que les États membres établissent des plateformes nationales de collecte de données, mais la mise en œuvre a abouti à 27 systèmes de reporting différents avec des exigences variables. Le 'Ladesäulenregister' allemand exige des données de disponibilité en temps réel à intervalles de 5 minutes, tandis que le système polonais accepte des téléchargements par lots quotidiens. La République tchèque exige des points de données environnementales supplémentaires non mandatés ailleurs. Cette fragmentation oblige les CPO à développer des pipelines de données personnalisés pour chaque pays, augmentant significativement les coûts de conformité et nécessitant une approche d'architecture et d'intégration sophistiquée pour une gestion efficace.

Implications pour les CPO

Les opérateurs transfrontaliers doivent immédiatement réaliser des analyses d'écart entre leurs opérations actuelles et les exigences spécifiques de l'AFIR de chaque État membre. La priorité devrait être d'établir un cadre de conformité flexible capable de s'adapter aux différentes interprétations nationales sans nécessiter de refonte complète du système. L'investissement dans une expertise CSMS et OCPP modulaire devient crucial, car les implémentations standardisées risquent de rencontrer des défis de conformité sur certains marchés. Un engagement proactif avec les autorités nationales est essentiel : plusieurs CPO ont obtenu avec succès des dérogations temporaires de conformité pendant qu'ils adaptent leurs systèmes. Comme Adil Mektoub l'a souligné dans des analyses précédentes, le paysage réglementaire nécessite des fondations techniques agiles. Les opérateurs devraient se préparer à une divergence continue alors que la Commission européenne équilibre l'application des règles avec les réalités pratiques de la mise en œuvre. Ceux qui souhaitent naviguer dans cet environnement complexe devraient discuter de leurs besoins en infrastructure de recharge avec des experts familiers avec les dimensions techniques et réglementaires.

AM

Adil Mektoub

Platform Engineer E-Mobility — Spécialiste CSMS & OCPP

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